COBOL fête ses soixante-cinq ans. Chaque génération de développeurs a entendu qu'il était sur le point de disparaître - et chaque génération a constaté qu'il était toujours là, au cœur des systèmes les plus critiques. Loin d'être une survivance, sa longévité tient à des raisons solides.
Des chiffres qui donnent le vertige
En 2017, une enquête de Reuters dressait un état des lieux frappant : environ 220 milliards de lignes de COBOL étaient alors en production. Ce code faisait tourner 43 % des systèmes bancaires et 95 % des transactions de distributeurs automatiques (ATM).
La même enquête estimait que COBOL traitait quotidiennement de l'ordre de 3 000 milliards de dollars de commerce. Des estimations plus récentes vont plus loin encore : selon The Stack, on parle aujourd'hui de plus de 800 milliards de lignes en usage quotidien.
Pourquoi il ne disparaît pas
La longévité de COBOL ne relève pas du hasard ni de la simple paresse technologique. Elle s'explique par un faisceau de raisons convergentes :
- Une fiabilité éprouvée : du code en production depuis des décennies a été testé par le réel, corrigé et durci au fil des années.
- Le coût et le risque d'une réécriture : remplacer un cœur applicatif vivant est un chantier long, coûteux et porteur de régressions.
- La performance transactionnelle : COBOL et le mainframe excellent là où le débit et l'intégrité priment sur tout le reste.
- Une présence ancrée : banque, assurance, administration - les secteurs où l'erreur n'est pas une option.