Le mainframe ne manque pas de travail : il manque de bras. Partout, les systèmes critiques continuent de tourner, mais la génération qui les a construits s'apprête à partir. Comprendre l'ampleur de cette pénurie, c'est comprendre pourquoi le nearshore s'impose comme une réponse structurelle.
L'anatomie d'une pénurie
Les chiffres dessinent un effet de ciseau préoccupant. L'âge moyen d'un développeur COBOL se situe autour de 55 à 58 ans, et environ 10 % d'entre eux partent en retraite chaque année. La relève, elle, ne se forme plus : plus de 85 % des universités ont retiré COBOL de leurs cursus depuis les années 1990.
Conséquence directe : 60 % des organisations citent le manque de compétences comme leur principal défi pour maintenir leurs systèmes mainframe. Le savoir part à la retraite plus vite qu'il ne se transmet.
Le nearshore comme réponse
Le nearshore - ici, une coopération entre le Maroc et la France - répond à cette équation par plusieurs leviers concrets :
- La proximité horaire : sur le même fuseau (GMT+1), les équipes travaillent en temps réel avec le client, sans décalage qui fragmente la journée.
- La proximité culturelle et linguistique : le partage du français et de références professionnelles communes fluidifie la communication.
- Un vivier de jeunes ingénieurs : des profils scientifiques formables, là où le marché local peine à recruter.
- Un coût maîtrisé : une réponse économiquement soutenable face à la rareté - et donc au coût - des compétences locales.
Pourquoi ça bat l'offshore lointain
Le nearshore ne se confond pas avec l'offshore à l'autre bout du monde. La différence tient en trois points : le même fuseau horaire, qui rend la collaboration synchrone possible ; les mêmes standards de qualité et de méthode ; et une communication directe, sans la friction d'un grand décalage culturel ou temporel.